Chapitre 5

CHAPITRE 5


De la performancecommerciale du rayon
à la rentabilité globale
et à l’équilibre financier du magasin

 

 


Nous venons de nous attarder sur la compréhension des documents de synthèse que sont le Bilan et le Compte de Résultat.
Nous vous invitons à vous pencher davantage sur ces informations. Que peuvent-elles nous dire ?
L’équilibre financier est le point essentiel. C’est la frontière entre une activité qui trouve sa rentabilité pour elle-même et ses actionnaires au regard de l’engagement financier et de ses projets, et une activité qui n’atteint plus le niveau de rentabilité suffisant pour faire face à ses engagements passés et/ou pour envisager des investissements futurs nécessaires à sa survie.
La question de la rentabilité est donc primordiale. Nous avons abordé, en détail au chapitre 3, par l’intermédiaire des tableaux de bord, la rentabilité de chaque rayon. Ici, nous traitons l’ensemble de l’activité du magasin pour apprécier la rentabilité globale à l’aide des Soldes Intermédiaires de Gestion (5.1). Après avoir abordé la notion de concomitance des recettes et dépenses et de ce qui en découle (5.2), nous rapprocherons cette rentabilité aux engagements et besoins financiers (5.3) afin de juger de l’équilibre financier. Le cas de la SA DISTRIB nous servira de support et nous terminerons par une comparaison entre trois types de magasin : la Superette, le Supermarché et l’Hypermarché (5.4).


5.1 - Les soldes intermédiaires de gestion (SIG)


Le compte de résultat nous indique, pour un exercice comptable, l’accroissement de la valeur de l’entreprise (voir 4.2.5 et 4.3). Nous disposons donc d’une base informationnelle pour l’analyse de la rentabilité de l’entreprise. Les principes qui sous-tendent la construction de ce compte de résultat ne sont pas construits dans un but de gestion, il conviendra donc de reprendre ces informations et de les structurer autrement afin d’obtenir quelques outils d’analyse complémentaires.
Parmi ceux-là, le tableau des SIG (Soldes Intermédiaires de Gestion) est suffisamment normalisé pour être une base utilisable dans un grand nombre d’entreprises, dont celles relevant du commerce et de la distribution.


5.1.1 La structure des SIG
Le compte de résultat est réalisé afin de déterminer la valeur créée durant un exercice. Cette valeur créée vient augmenter la richesse de l’entreprise, donc des actionnaires. Au terme de l’exercice (avant les 6 mois après sa clôture), ces derniers décideront de se distribuer cette valeur créée (dividendes) ou de la laisser dans l’entreprise. La construction du compte de résultat est donc fortement orientée «actionnaires» et beaucoup moins « gestionnaire ». Le compte de résultat ne permet pas, tel qu’il est présenté, une analyse très précise de la rentabilité. Les produits et les charges sont répartis par nature suivant 3 catégories (exploitation, financière et exceptionnel). Cette classification permet d’avoir un début d’analyse en mettant en évidence les 3 résultats correspondants (voir 4.3.1). Des trois catégories de résultat, le résultat d’exploitation est le plus important. En effet, c’est par l’activité de l’entreprise que doit être réalisée la plus grande partie de la valeur créée. Il convient donc de se pencher plus longuement sur cette catégorie. Le tableau des SIG va particulièrement affiner le résultat d’exploitation et permettre la mise en évidence d’informations financières nouvelles.

 

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5.2.3 - Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) : un Besoin ou une Ressource de financement


Lorsque l’on parle d’investissements, tout un chacun pense aux immobilisations et particulièrement immobilisations comptables : un bâtiment (une surface de vente et une surface de stockage), des agencements (sol, mûrs, installations diverses, gondoles,...), du matériel (four du boulanger, chariots élévateurs, caisses enregistreuses,...), du matériel roulant, du matériel et mobilier de bureau... Cette liste fait référence à des immobilisations corporelles. Il faut ajouter parfois la nécessité d’acquérir un fonds de commerce, une concession pour utiliser une marque, des logiciels..., les immobilisations incorporelles. Parfois également la structure fera l’acquisition de titres d’une autre société, là aussi c’est de l’investissement, les immobilisations financières. Mais il existe une autre « sorte d’investissement », au sens de mobilisation importante et immédiate de ressources, ressources nécessaires au fonctionnement de l’entreprise pour une durée longue : le « Besoin en Fonds de Roulement ». Chaque entreprise aura un besoin en fonds de roulement différent en fonction de son métier. Afin de mieux cerner ce concept, nous prendrons le temps d’un détour par un exemple d’entreprise de production, celle de M. PIERRE. Nous apprécierons d’autant mieux le caractère particulier des grandes surfaces.


Un exemple de producteur de planches à voile – le cas de M. PIERRE :
Nous retrouvons M. PIERRE et ses associés (voir 4.2.5). M. PIERRE souhaite créer une entreprise de production de planches à voile dans le but de livrer la distribution spécialisée.
Après étude, son outil de production se composera comme suit :
- un bâtiment en location,
- un véhicule et du matériel de production pour une valeur de 30 000 €.


Il dispose de 10 000 € d’apport en capital. Après la réalisation d’un bon Business Plan qui démontre la viabilité de son projet, il va trouver son banquier. Ce dernier (le trait est bien sûr forcé pour l’exemple) validant son projet, va lui proposer un financement de la différence par un prêt de 20 000 €. Le plan de financement de la SA de M. PIERRE s’établira alors comme suit :

 

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5.3.3 - Comparaison à d’autres types de magasins


Le premier niveau d’analyse financière, que nous avons illustré avec le cas de la SA DISTRIB, en étudiant les documents déposés au Greffe 59 Certains classent cette rubrique en ressources durables avec les emprunts bancaires, voire en capitaux propres, supposant que les associés vont laisser cet argent longtemps dans l’entreprise.

Cette démarche est généralisable à tous les types de magasins quelques soient leurs tailles et leurs chiffres d’affaires. Pour étayer notre propos, nous avons retenu trois profils de magasins à partir des documents déposés au Greffe. Chaque entreprise est unique, même si des caractéristiques globales permettent de les regrouper dans différentes catégories en fonction de la surface. L’analyse suivante concerne un exemple de trois magasins, supérette, supermarché et hypermarché, sachant qu’ils ne sont pas systématiquement représentatifs de l’ensemble des magasins de leur catégorie.

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